Voilà deux ans qu’il est en cavale. Cesare Battisti a pris la fuite en été 2004, après que Jean-Pierre Raffarin a signé un décret d’extradition contre l’ancien militant gauchiste italien, recyclé en romancier et installé sur le sol français depuis près de 14 ans. Le 25 avril 2006, Cesare Battisti a publié « ma cavale », sorte d’autobiographie qui revient à la fois sur les raisons de son extradition et sur ce qu’il a vécu à la suite de ce fameux 17 août 2004, jour de sa disparition volontaire.
C’est la simple curiosité qui pousse à ouvrir ce livre. Qu’est devenu l’auteur de polar accusé de terrorisme en Italie mais protégé par
Dans la deuxième partie, « Journal d’un chien errant », l’homme raconte sa cavale. Les subterfuges auxquels il doit avoir recours pour cacher son identité. Les lieux qu’il découvre, les femmes qu’il rencontre. Étrangement, alors qu’on lit le livre un peu comme une carte postale, pour avoir des nouvelles ; c’est plutôt ce qui c’est passé avant qui nous intéresse.
Une cause
En fait, peut importe ce que Battisti a fait depuis août 2004. À partir de cette date il devient un homme, avant il était une cause. Et c’est cette cause qui intéresse, bien plus que le biais qui a permis de la médiatiser.
« Ma cavale » donne envie aux lecteurs qui ne connaissent rien aux années de plomb de s’y intéresser. Pour nous, qui ne connaissons souvent des années soixante-dix que le « pouvoir des fleurs » et Woodstock, savoir que nos voisins Italiens vivaient alors une quasi-guerre civile permet de relativiser bien des choses.
Deux remarques pourtant. Le ton de pleureuse que Battisti utilise tout au long du récit sonne faux. S’il récuse toute participation à des actes de terrorisme, l’auteur a tout de même été un militant communiste actif dans sa jeunesse, emprisonné pour braquage, logeant dans des squats, obligé de vivre sous une fausse identité. Le retrouver aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant à qui subirait la méchanceté de ses camarades d'école rend le personnage pour le moins ridicule. De plus, que dire de la préface de Bernard-Henri Lévy ? Visiblement, son but était de faire s’exprimer sur la question un homme public peu soupçonnable de sympathies terroristes. Le résultat, un vague sentiment de démagogie alors que jusqu’à maintenant la défense des réfugiés Italiens allait presque de soi dans le pays des droits de l’Homme.
"Ma cavale" de Cesare Battisti - Grasset/Rivages - 374 p. 18,50 euros
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