MOI

           Qui suis-je?

Lundi 15 mai 2006

Voilà deux ans qu’il est en cavale. Cesare Battisti a pris la fuite en été 2004, après que Jean-Pierre Raffarin a signé un décret d’extradition contre l’ancien militant gauchiste italien, recyclé en romancier et installé sur le sol français depuis près de 14 ans. Le 25 avril 2006, Cesare Battisti a publié « ma cavale », sorte d’autobiographie qui revient à la fois sur les raisons de son extradition et sur ce qu’il a vécu à la suite de ce fameux 17 août 2004, jour de sa disparition volontaire.

 

C’est la simple curiosité qui pousse à ouvrir ce livre. Qu’est devenu l’auteur de polar accusé de terrorisme en Italie mais protégé par la France  ? Est-il encore en vie alors que des rumeurs le disaient mort ? Est-il au Japon comme d’autres le murmuraient ? La quatrième de couverture laisse espérer que toutes les réponses sont dans le récit. C’est encore la curiosité qui pousse à continuer le livre une fois ouvert. Toute la première partie « Est-ce ainsi que les hommes jugent ? » revient sur le passé de militant de l’auteur. Il y raconte ce que sont les Prolétaires Armés pour le Communisme. Comment, dès que le premier homme fut tué au nom des PAC, il décida de renoncer à la lutte armée. Puis son séjour en France, où il a pu vivre en paix grâce au Président Mitterrand qui a promis aux réfugiés italiens qu’ils pourraient s’y installer sans crainte, pour peu qu’ils renoncent à la politique.
Dans la deuxième partie, « Journal d’un chien errant », l’homme raconte sa cavale. Les subterfuges auxquels il doit avoir recours pour cacher son identité. Les lieux qu’il découvre, les femmes qu’il rencontre. Étrangement, alors qu’on lit le livre un peu comme une carte postale, pour avoir des nouvelles ; c’est plutôt ce qui c’est passé avant qui nous intéresse.

 

Une cause

 

En fait, peut importe ce que Battisti a fait depuis août 2004. À partir de cette date il devient un homme, avant il était une cause. Et c’est cette cause qui intéresse, bien plus que le biais qui a permis de la médiatiser.
« Ma cavale » donne envie aux lecteurs qui ne connaissent rien aux années de plomb de s’y intéresser. Pour nous, qui ne connaissons souvent des années soixante-dix que le « pouvoir des fleurs » et Woodstock, savoir que nos voisins Italiens vivaient alors une quasi-guerre civile permet de relativiser bien des choses.
Deux remarques pourtant. Le ton de pleureuse que Battisti utilise tout au long du récit sonne faux. S’il récuse toute participation à des actes de terrorisme, l’auteur a tout de même été un militant communiste actif dans sa jeunesse, emprisonné pour braquage, logeant dans des squats, obligé de vivre sous une fausse identité. Le retrouver aujourd’hui sous les traits d’un petit enfant à qui subirait la méchanceté de ses camarades d'école rend le personnage pour le moins ridicule. De plus, que dire de la préface de Bernard-Henri Lévy ? Visiblement, son but était de faire s’exprimer sur la question un homme public peu soupçonnable de sympathies terroristes. Le résultat, un vague sentiment de démagogie alors que jusqu’à maintenant la défense des réfugiés Italiens allait presque de soi dans le pays des droits de l’Homme.

 

"Ma cavale" de Cesare Battisti - Grasset/Rivages - 374 p. 18,50 euros

 

Par jeanne tarride - Publié dans : actu
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 27 avril 2006

Il y a l’Europe sociale de Bruxelles, celle des politiques. Il y a aussi l’Europe sociale « d’en bas », outre le syndicalisme traditionnel, il existe aussi des réseaux de précaires Européens. Ces réseaux se coordonnent pour proposer des alternatives au processus de Lisbonne qu’ils estiment trop libéral. L’une des échéances qu’ils proposent est une manifestation parade : La May Day.

 

De l’Italie à l’Europe entière
C’est, en marge des marches traditionnelles organisées par les syndicats le 1er mai, que les précaires Européens appellent à défiler. La May Day est née il y a cinq ans à Milan. Depuis, elle a fait du chemin. L’année dernière c’est dans 20 villes européennes qu’ont eu lieu simultanément ces manifestations festives. Pour préparer la May Day 2006, les différentes associations nationales organisatrices se sont réunies en février dernier à Milan, puis le 14 avril à Bruxelles. La capitale européenne a accueilli les militants précaires pour une conférence de presse expliquant leur démarche.

Même Union mêmes droits
Pour Ludovic, militant précaire actif, « le but est d’obtenir de nouveaux droits globaux : la liberté de circulation et de séjour pour tous, emploi discontinu mais revenu continu et un revenu garanti (sorte de RMI) égal partout ». Il ajoute que pour eux « ce n’est pas au niveau de l’État nation que ça se joue, il faut réinvestir le « territoire Europe », c’est l’espace réel au niveau économique : plein de gens passent d’un pays à l’autre pour travailler ». Une autre motivation pour s’organiser au niveau européen : « pour ne pas se faire la guerre il faudra qu’on ai tous les mêmes droits, l’Europe permet de rééquilibrer les inégalités sociales entre les régions de l’Union ».

Véritable organisation ou souplesse ?
Aujourd’hui, parce que la May Day traverse toute l’Europe, se pose la question de construire une véritable organisation de masse européenne de précaires. Tous y réfléchissent mais la réponse n’est pas encore tranchée. Certains trouvent nécessaire de se structurer pour mieux se battre, d’autres préfèrent cette structure flexible qui permet à tous d’entrer où de sortir. Pour l’instant les précaires Européens élaborent de nouvelles formes de luttes (actions médiatiques, occupations, manifestations simultanées…) et de communication. Il existe déjà une mailing liste qui leur permet d’échanger, ils construisent peu à peu leurs propres réseaux d’information. La toile regorge d’e-mag, portant sur la question des luttes sociales de précaires, rédigés non par des journalistes mais par des militants.

Alors, qui des syndicats traditionnels ou des alterlutteurs réunira le plus ? Rendez-vous le premier mai dans toute l’Europe

 

Par jeanne tarride - Publié dans : actu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 27 avril 2006

Il y a un an, la France devait se prononcer sur le traité constitutionnel européen par voix référendaire. Une partie des écologistes français a appelé à voter oui. Cette consigne de vote a, en partie, été donnée pour permettre à ce camp de poursuivre son combat contre les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). La question de « la pollution génétique » ne peut être tranchée qu’au niveau de l’Union. Si un État met sur le marché de nouveaux OGM, c’est toute l’Europe qui en consommera. Or les Verts ont vu dans le traité constitutionnel un moyen d’être mieux entendu sur cette question.

Petit retour en arrière. 
Un OGM, c’est une plante à laquelle on ajoute des éléments qui permettent une pousse plus rapide et une meilleure résistance aux herbicides. Or, l’un de ces additifs est un antibiotique. Cela pose la question de la pollution de la nappe phréatique mais aussi celle des croisements entre plantes manipulées et plantes naturelles, et entre plantes transgéniques entre elles. Pour les Verts, aucun scientifique ne peut prédire ce que donneront ces croisements. La bataille politique dure depuis 10 ans. En 1998, le conseil des ministres européens comptait en son sein plusieurs ministres écologistes. Ils ont réussi à imposer un moratoire de fait pour 5 ans sur les OGM : aucune nouvelle plante modifiée ne pouvait être plantée sur le sol européen. Depuis 2003 ce moratoire est caduc, mais ni les pros ni les anti OGM n’ont désarmé. D’un coté, des groupes de pression tels que Green Peace ou les amis de la Terre se battent pour qu’on suspende définitivement la plantation, de l’autre, des groupes qui affirment que la culture d’OGM permettra d’éradiquer la faim dans le monde.

Commission contre parlement
La question des OGM relève de la codécision. Il faudra donc que la commission ainsi que le parlement se mettent d’accord. Or le groupe Vert (groupement de ministres européens écologistes) est plus présent au parlement qu’à la commission et, selon eux, le traité constitutionnel renforçait le pouvoir du parlement. Pour l’instant, la seule obligation faite aux producteurs d’OGM est d’étiqueter les produits génétiquement modifiés. Pour les écolos la mesure est plus démagogique qu’autre chose : Le « fumer tue » des paquets de cigarette est bien plus visible que la motion « contient des organismes génétiquement modifiés » des boîtes de maïs.

Par jeanne tarride - Publié dans : actu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus